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Le quotidien du Médecin

LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN
Le 9 décembre 2009

« Les Possédés » d’après Fédor Dostoïevski

L’Art de Chantal Morel  

Une vaste fresque, un long spectacle, 12 interprètes et l’art profond de Chantal Morel, qui avait monté « Crime et Châtiment » avec une force égale.

Il ne reste plus que trois représentations pour cette production donnée seulement pendant trois semaines les vendredis, samedis et dimanches. Nous vous la signalons pour sa force, sa puissance sensible, son ambition intellectuelle et artistique. Du grand roman de Fedor Dostoïevski, ici traduit par Sacha Saint-Pierre, Chantal Morel, metteur en scène et chef de troupe, de compagnie, d’une intransigeance belle et noble, propose une version scénique à la fois simple et fidèle. Pas de stars dans la distribution, 12 comédiens qui, pour certains, interprètent plusieurs personnages. Douze comédiens qui ont cherché au plus profond d’eux-même la vérité des personnages, la vérité contrastée des êtres qu’imagine Dostoeïevski. Il y là des scélérats et des cœurs purs, des malades, des délirants, ceux qui aspirent au bien et les cyniques, les âmes douloureuses en quête d’au-delà, des pères et des fils qui se déchirent, des filles qui sont détruites, etc.
Chantal Morel excelle à imprimer un rythme qui donne quelque chose de haletant à la représentation. Son adaptation est claire, mais elle n’est pas platement « feuilletonnesque ». Elle cherche toujours le sens, la profondeur. Dans les lumières d’Isabelle Senègre, les costumes de Cidalia Da Costa, les éléments de décor, avec les parois mobiles quelques éléments qui indiquent des lieux divers de Sylvain Lubac, les musiques de Patrick Najean, on est emporté dans le grand mouvement d’une haute littérature « dramatique ».
Les comédiens sont bons. Ils ont de belles voix, bien placées. On les entend bien. Parfois on peine un peu, on bute sur tel épisode plus ardu (procès). Mais même qui ne connaîtrait pas ce grand livre (dont le titre on le sait, est parfois traduit « Les Démons » y touchera la vérité même de ces êtres qui, telle la pauvre Boîteuse, claudiquent tous car leurs âmes souffrent.
A.H