Le Chagrin d'Hölderlin

Le Chagrin d'Holderlin

 

D'après la vie et les écrits d'Holderlin

 

 

 

 

Equipe artistique : Chantal Morel, Elisa Bernard, Eloise Gerineau, Florent Barret-Boisbertrand, Maud Destanne de Bernis, Patrick Najean et Sylvain Lubac.

 

Par l'Equipe de Création Théâtrale avec le soutien du collectif Midi / Minuit

 

 

 

 

 

 

 

Du 20 janvier au 12 février 2017

Tous les soirs à 20h30 et le dimanche à 17h

(relache le lundi)

 

au Petit 38

38 rue Saint-Laurent à Grenoble

 

Vous pouvez réserver dès à présent au 04 76 54 12 30 ou par mail à billetteriepetit38@gmail.com

 

 

 


 

"Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve." Hölderlin

 


 

 

 

Lettre à l'intention des spectateurs

 

 


" Physis krupthestai philei ", amusez-vous à le dire à haute voix, c'est joli, ça chante, vous allez voir! et ça veut dire : la nature aime à se cacher.

Oui bien sûr nous vous avertissons bien tard... C'est que nous étions fort absorbés.

Tellement attentifs à ce que nous faisions, têtes penchées sur l'ouvrage, cœurs accordés, parfois en grande apnée, mains fébriles courbant le bois ou traçant les signes sur la page !...

Le travail a pris une ampleur non prévue, il était nécessaire de travailler encore et encore.
En cause, le compagnon que nous avions choisi pour faire le chemin : Friedrich Hölderlin, ce grand vivant. Il n'y a pas de réduction possible pour ce qui concerne une vie de vivant(e), pas de résumé, pas de raccourci pour aller "plus vite", pour être prêts dans le temps des programmes programmés.

Quelque chose s'est échappé, s'en est allé par les chemins buissonniers, a résisté aux cadres indispensables à une bonne communication. Bref, il ne nous a pas été possible de faire semblant de savoir que, ce dont nous guettions le moindre souffle, le signe de naissance, arriverait de façon certaine tel ou tel jour... et sans cette "information", comment vous dire à partir de quand nous allions vous attendre ?...

Alors nous voilà bien démunis, face aux règles du jeu de la communication moderne.
Quelle folie que d'avertir le public 15 jours (même pas) avant, nous diront les professionnels ?
Oui, oui... bien sûr!

Nous ne dirons pas que nous ne sommes pas fous, mais nous ne croyons pas être si démunis que cela. Car il y a derrière cette folie, une confiance, une drôle de certitude que vous serez là, car vous êtes déjà là... Aucun geste cherché, essayé, choisi ou rejeté ne l'est sans que cela soit pour vous, vers vous, dans cette attente qui fonde le geste du théâtre, vers vous, part manquante de ce geste pour qui nous consacrons notre vie.

 

En grande confiance, nous savons que vous direz à d'autres ce que nous avons mis du temps à pouvoir vous dire à vous : dates, lieux, titre... Et qu'il puisse encore se dire de personne à personne, de bouche à oreille, que quelque part dans une cave de Grenoble, il y a un chemin à trouver, comme un secret que l'on peut venir éprouver, en grande vie, alors s'il vous plaît dites-le, vous, à d'autres...

 

 

 

Dans un premier temps, il y eut l'envie de s'approcher d'Hölderlin, le poète allemand comme on s'approcherait avec bienveillance, chaleur, douce humanité de celui dont se moque le monde.

Le rendre proche, en vie. Friedrich, Fritz, petit nom dont il se sert pour écrire à sa mère…

Partir en quête d’une existence ordinaire, ce n’est pas abolir le génie, c’est sa restitution au peuple. Le signe poétique est pour tous, le poète doit le répercuter dans le peuple.


Laisser aussi la scène s'ouvrir à ses amis : Hegel, Schelling. Les voilà les trois jeunes hommes, enfermés au pensionnat de Tübingen. Dans le froid des murs, ou dans l'air de la campagne alentour les voilà qui écrivent: "le communisme des esprits", "se souciant peu de déterminer la part qui revient à chacun dans l’élaboration d’une pensée nouvelle, qu’ils veulent universelle. Ils travaillent en commun, élaborent en commun leurs projets, leurs essais, ne distinguant pas « le tien » du « mien ». Ce désintéressement ne durera pas". (Jacques D'hondt)

La vie les sépare...

Il y aura celui qui construira un système dont il sera l'unique auteur, et celui qui s'effacera dans l'encadrement d'une fenêtre d'où il pourra voir et chanter la succession des saisons, les gestes agricoles de l'homme dans un anonymat commun...

Il y a les systèmes se nourrissant à l'ombre d'un savoir qui sait tout, d'un pouvoir qui peut tout, et il y a la poésie s'abreuvant à la lumière du retrait des dieux. Retrait qui laisse l'homme responsable d'une absence de savoir, responsable de sa vie, le convoquant, l'invitant, lui faisant toute la place...

Il y a l'ami qui ne répond plus aux lettres. Il y a les grands hommes à l'ombre de leur statue se moquant de celui dont les travaux ont une ampleur inconnue. Il y a la mère qui, jusqu'au bout, voudra qu'il soit vicaire dans une église, là-bas, avec la fille du pasteur qu'il pourrait épouser... Et puis, il y a l'amour, l'exceptionnelle passion partagée avec Suzette. Elle illuminera sa vie de poète. Suzette mourra de leur séparation imposée par la norme sociale... Il travaillera encore... Puis renoncera au monde, restera en poésie, joie et silence... 37 ans...

 

                                                                                                                                                    Ch. Morel

 

 

« Les dissonances du monde sont comme les querelles des amants. La réconciliation habite la dispute, et tout ce qui a été séparé se rassemble.
    Les artères qui partent du cœur y reviennent : tout n’est qu’une seule vie, brûlante, éternelle.
    Ainsi pensais-je. J’en dirai plus une autre fois. »

 

 

 

 

 

 

 


Réagir


CAPTCHA