Festival des caves : le projet

Edito

 

Il y a dans ces endroits secrets, cachés, que sont ces caves transformées en théâtre le temps d‘un printemps, quelque chose de rare.

La contrainte imposée par la cave est transformée en liberté. Car ce que nous ne pouvons pas montrer, nous devons l’imaginer.

Ces lieux exigus, sans fenêtre, souterrains, deviennent alors la source et le prétexte aux imaginations illimitées.

Le théâtre qui peut s’y inventer devient infini. Tout y est possible, surtout ce qui ne devrait pas l’être. Notre métier retrouve alors pleinement sa fonction : celle d’inventer, d’imaginer…

Le fait d’imaginer est à la fois un acte politique et poétique. S’imposer de regarder autrement le monde. En accepter sa complexité. Et inventer des formes esthétiques qui permettront de raconter ce monde sans réalisme ni moralisme.

Être dans ces caves, y fabriquer des spectacles, les partager avec des spectateurs qui y deviennent presque par magie d’une curiosité infinie, nous impose d’inventer. Le théâtre devrait être toujours un ailleurs. Pour nous, cet ailleurs est souterrain. Quelques mètres carrés qui nous obligent à être politique et poétique. Sous la terre, regarder le monde. Et le ré inventer. Afin de le montrer autrement.

Cet espace de liberté que ces caves imposent, je le chéris tous les jours. Je le goûte, j’en profite et j’en suis fier.

 

Genèse du projet

En 2005, la Compagnie Mala Noche créait dans la cave d’un particulier bisontin, « Le Journal de Klemperer », monologue adapté du journal tenu entre 1933 et 1945 par le philologue allemand Victor Klemperer. Ce spectacle se faisait en partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. La cave était le moyen de rappeler les conditions de survie et la nécessité de se cacher pour un intellectuel comme Klemperer sous un régime dictatorial. Le lieu « cave » s’est révélé être un lieu formidable de création et a remporté un succès certain. Les spectateurs et comédiens présents lors de cette création ont compris l’intérêt que pouvait comporter un lieu comme celui-là.

Cet événement nous a donné l’envie de mettre en place, en 2006,  un projet de création de spectacles multiples dans une période limitée, une sorte de festival, que nous avons appelé « Festival de Caves », dans lequel la seule exigence serait de choisir des textes et des formes incitant les spectateurs à réfléchir et à rêver. Les mots seraient au centre de ces créations. Ce projet nécessitait l’invention d’une économie particulière, loin des créneaux habituels. La proximité avec les spectateurs, le décor naturel, la petitesse de la « scène », la limitation des éclairages engendrent des formes artistiques particulières. Mais nous cherchons à montrer que ces formes peuvent être nombreuses, que les styles peuvent être différents malgré l’apparente fixité des lieux.

La première année nous avons exclusivement joué à Besançon, l’architecture de cette ville permettant d’accéder à des caves patrimoniales fortes, belles, remplies d’Histoire. Depuis, nous sommes sortis des murs de Besançon, pour aller dans des communes proches, puis dans toute la Franche-Comté. Depuis deux ans, d’autres communes extérieures à la Franche-Comté se sont jointes à l’aventure, ce qui fait qu’en 2014, nous présenterons des spectacles sur tout l’Axe Rhin-Rhône, de Strasbourg à Lyon, de Nantes à Besançon, en passant par Lille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier…

 

 

Guillaume Dujardin

Fondateur et directeur du festival

 

Toutes les informations sur le Festival des Caves : http://www.festivaldecaves.fr



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