Compagnonnage : Woyzeck

L'équipe du spectacle Pauvre fou ! se retrouve en partie pour un nouveau projet :

 

Woyzeck

 

de Georg Büchner

Mise en scène François Jaulin

Avec :

Nicolas Cartier :  Woyzeck

Petra Korösi : Marie

Roland Depauw : le Capitaine

Nicolas Mollard : le Tambour-Major

André Le Hir : le médecin

M'Hammed Er-Rafii : le Sergent

Nabil Er-Rafii : Andrès

Estelle Cizeron : Kaethe

Hassan Mimoune : le Juif

Chantal Morel : la voisisine, la grand-mère

 

Brahim Koutari, Thomas Hermier, Antoine Chamussy, Kevin Gastaldin, Corentin Marie : des étudiants

 

 

Avec l'aide de Sylvain Lubac, Cyril Dalex et Florielle Viseux

 

Collaboration atistique : Chantal Morel

 

Tarif plein : 10€

Tarif réduit : 6€ (étudiants, chômeurs, bénéficiaires du RSA, seniors de plus de 65 ans ou enfants de moins de 15 ans)

 

Le Théâtre Prémol est accessible par l'arrêt Arlequin du Tram A.

Un parking gratuit est également à votre disposition (attention aux travaux cependant !)

 

 

Woyzeck de Georg Büchner est une pièce de théâtre inachevée du fait de la mort prématuré de l'auteur, emporté à 23 ans par le typhus. L'histoire est inspirée de l'affaire de Johann Christian Woyzeck, ancien soldat, fabricant de perruques et coiffeur sans emploi, accusé d'avoir poignardé son amante, la veuve du chirurgien Woost. Büchner va utiliser le rapport médical du Docteur Clarus – rapport qui doit permettre d'établir la responsabilité ou non de Woyzeck – pour écrire la pièce. Ce jeune perruquier se sentait, en effet, persécuté par la franc-maçonnerie, et entendait des voix qui le laissaient sans repos.

 

Woyzeck est l'histoire d'un jeune soldat, qui vit difficilement et qui est obligé de cumuler différents boulots pour satisfaire aux besoins de sa femme, Marie et de son enfant. Il rase son Capitaine, sert de cobaye à un docteur. Woyzeck est en proie à des hallucinations et entend des voix. Lorsqu'il soupçonne Marie de le tromper avec un autre soldat -Le Tambour-Major -, il la tue.

 

« Nous autres, nous, les gens simples, ça n'a pas de vertu. Rien que la nature qui décide pour nous. »

 

Büchner prend comme héros un homme du peuple, un homme qui essaie de survivre dans une société militaire et ecclésiastique. Il est perpétuellement comparé aux bêtes, ceux-là même qui vivent de leur instinct. Comment Woyzeck peut-il vivre dans cette société, qui le renvoie à l'état de bête ? Cet homme plein d'une hyper-sensitivité, comment est-il possible que cette société maladive et violente ne lui fasse pas perdre la raison, et ne le conduise inéluctablement au meurtre de Marie ?

 

Au delà de la folie de Woyzeck, c'est toutes ces questions que l'oeuvre de Büchner soulèvent. Le peuple n'est-il pas contraint au mutisme et à la survie ? Büchner décrit une société en état de nerfs. Chaque personnage est en état de nerfs. Les personnages ne sont pas le révélateur de la folie de Woyzeck, bien au contraire ils sont tous en prise avec leurs angoisses, leurs obsessions, leurs contradictions, leurs violences - en somme plein de leur vie. « Dans Woyzeck la cruauté résulte de la simultanéité des faits, qui oppose les personnages non par suite d'une hostilité fortuite, mais par suite de leur existence en tant qu'êtres séparés. Büchner est passé des évènements ressentis comme terribles et scandaleux (la révolution française) au fait que c'est la vie elle-même qui est l'objet de scandale. Dès lors, il n'y a plus d'apaisement possible, l'esprit est frappé dans sa raison d'être la plus profonde, parce qu'il comprend que la séparation n'est pas un accident historique, mais la maladie même de l'homme. Tous les personnages de Woyzeck sont des malades. Woyzeck délire, le docteur est manique et le capitaine un mélancolique. Mais ce fonds commun de maladie ne fait que les séparer plus irrémédiablement, chacun étant prisonnier de son mal particulier, et de ce seul fait, contraint à devenir victime ou bourreau. » (préface de L'Arche)

 

François Jaulin

 

« Chaque homme est un gouffre, on a le vertige quand on regarde dedans. ».

 

 



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